La jeune irlandaise

 

«  Mes légumes, mes légumes, mes légumes sont les plus frais, mes légumes, mes légumes, mes légumes sont les plus bios !!! » hurlait le vendeur ambulant devant sa charrette pleine de légumes et de fruits.

La rue piétonne était emplie de chalands se croisant, s’entrecroisant, se parlant, se hélant, s’embrassant, s’accoladant . . . et les mains qui se tapent, se serrent, se gesticulent donnaient l’ambiance des grands jours de marché mensuel.

Ce paquetage visuel et sonore ne serait pas parfaitement défini s’il n’était pas enrubanné d’un doux mélange planant entre un violon et une guitare.

Le grand cormoran restait figé sur son caillou au bord du quai essayant de profiter de ce reste de soleil estival, asséchant ses larges ailes et les égouttant régulièrement.

Le violon se rapprochait de moi pas à pas jusqu’au moment où je me rendis compte que c’était moi qui marchait vers son attirance.

C’était une mélodie parfaitement jouée avec une résonnance en écho de l’au-delà du Pays de Galles où un sang irlandais semblait couler le long des crins de l’archet.

Le grand cormoran figé sur son caillou au bord du quai asséchait ses larges ailes déployées.

Ayant réglé la focale de mon regard en descente murale des maisons limitant l’espace culturel de cette rue, je découvris un duo de musiciens, lui grand et solide sur sa guitare et elle, toute petite avec un visage ayant délégué toute sa beauté à la finesse du jeu de ses doigts sur son violon.

Tu n’étais pas belle jeune irlandaise, tu es magnifique.

Le grand cormoran sur son caillou au bord du quai profitait de ce reste de soleil estival, asséchant ses ailes largement déployées en les égouttant régulièrement.

Magnifique jeune irlandaise, tu es très belle.

Agie, 2016-10-25