Je brûle de retirer l’enveloppe et de quitter ma bulle

 

Demain sera un autre jour, disait Scarlett et il en sera de même pour moi. Dans l’instant, je dois rester concentré car la brume est très épaisse alors, prudence.

Je regarde si ma veilleuse est bien présente au cas où je doive renvoyer un grand coup de flamme. Pour le moment, tout se passe bien et mon altimètre me situe à quelques pieds du sol.

Le brouillard a détrempé l’osier et comme je me déplace à la vitesse du vent qui est absent ce matin, j’ai dû prendre quelques kilos en guise de lest.

Le silence est également pesant, voir envoutant même si j’entends des voix un peu plus bas. J’espère qu’il n’y aura pas trop de monde. Après ces quinze semaines passées à vos côtés, j’appréhende un peu ce retour. C’est mon ami Jules qui devrait se tenir à carreaux avec ses 5 semaines, ses 80 jours et ses 20000 lieues !

Il n’y a aucune lueur, je suis dans un gris clair total mais curieusement une odeur semble entourer ma bulle. Oui, une odeur de vies sous ma nacelle. Le monde n’est vraiment pas loin mais j’ai ce curieux sentiment de me sentir bien seul au milieu de vous, si loin et pourtant si proches.

C’a y est ! Attention au-dessous ! Ecartez-vous de la nacelle s’il vous plait ! Ce n’est pas vrai, ils sont fous ! Pourquoi sont-ils si nombreux ? Ne restez pas ici ! Plus loin, oui, plus loin ! ECARTEZ-VOUS !!!!!

Agie, 2016-10-16