45 tours et puis s’en va . . . en fumée

 

Il était là, piétinant de large en étroit le fumoir-balcon pour non danseurs, se musclant les doigts en triturant sa clope de non faim.

D’un geste mécanique, il sortait de sa poche, toutes les dix secondes, son empêcheur de sociabilisation à vue de bouche, attendant le message si important auquel il ne répondrait que par onomatopées.

Lui, il existait sans doute en fin de piste, comme un 45 tours tournant à vide aux trousses de sa date de mise à la retraite, pour à peine deux minutes de jouissance pulmonaire.

Rassurez-vous. Le ridicule n’étant pas vecteur d’obsèques, j’aurai le plaisir de le revoir à chaque période de pause, c’est-à-dire tous les quarts d’heure. Et oui, les temps ont changé vous savez, et dans la rude concurrence privé / public, il n’y a plus de privation entre 35 heures hebdomadaire et 35 heures mensuelle . . . c’est à vous de faire la tare entre vos temps de présence et votant de gaucherie.

Quelle triste dépendance !

Disons que c’est une manière discrète d’essayer de concrétiser une absence bien présente mais qui se dilapide en fumée.

Allez, je retourne sur mon petit nuage qui commence à s’évaporer à l’approche de ma fin de bulle au volume I.

Agie, 2016-10-14