Quel plaisir ! des fois, ça arrive.

Ce matin, en passant par ma boulangerie préférée, je me suis imprégné de ce doux arôme « cuisson de différentes farines » qui interpelait mon évent dès l’angle de la rue et de manière fortement agréable. Pour moi, c’est toujours un complément bien substantiel avant de découvrir ces nouveaux espaces de vies quotidiens.

Quel plaisir !

Une des employées sortait de l’échoppe en portant un gros sac plein de pain dur, pour le déposer dans une fourgonnette. Ce n’était que le trop plein ou les non-vendus de la journée précédente.

Des fois, ça arrive !

Le long du trottoir qui jouxtait cette boulangerie avait été peintes des marques blanches délimitant un certain nombre de places de parking afin que les véhicules soient à proximité directe des prochains achats de leurs ex-conducteurs-futurs-clients.

Quel plaisir !

Au sortir du magasin avec mon petit sachet de croissants, il y avait un très grand nombre d’automobiles stationnées le long de ce trottoir et comme les marques blanches avaient été peintes de manière très étroite pour placer davantage de charrettes, j’ai dû attendre une mauvaise heure afin de pouvoir récupérer mon tracteur.

Des fois, ça arrive !

Un jour, dans l’un de mes voyages que je ne ferai jamais, je découvrirai de belles et hautes étendues d’eau dénommées lacs de montagne, cernés par ces dernières et aux fins desquelles un gigantesque barrage surplombera le reste de la vallée, permettant ainsi la fourniture d’un confort électrique dans bien des foyers.

Quel plaisir !

Un peu plus en amont de cette muraille de béton et par le travers du frais miroir aquatique contenu, on pourra voir les restes de ce petit village qui a dû être englouti en noyant pour la bonne cause appelée « progrès » bien des vies, des morts et délaissant un reste commun de souvenirs. Un peu plus bas, en aval, le cours de la rivière aura été détourné transformant des kilomètres de rives en arides déserts pour le grand bonheur du biotope.

Des fois, ça arrive !

Demain, ne pouvant plus supporter la destruction de cette terre qui m’avait offert un gracieux hébergement, je ferai sans doute le choix de clôturer mon regard.

Ce sera un réel plaisir !

Ayant emmagasiné tant de belles choses dans ma mémoire, réparé tant de malfaçons, entendu tant de silences et été ébloui par tant d’obscurité, j’ouvrirai enfin les portes de la sagesse.

Ça arrivera . . . une fois !

Agie, 9 septembre 2016