Acteurs contracteurs de vies sur devis

Cette nuit, j’ai assisté à la répétition d’une pièce de théâtre comme il en existe dans de lointains petits villages, assez isolés pour ne pas avoir à supporter les critiques, mais trop isolés pour être proches d’une certaine forme de réalisme sans censure.

La pièce avait été écrite par un haut-heur ayant espéré faire de ce loisir un gagne petits pains sans la crème et dont l’érosion du nombre d’actes rédigés avait fortement aplani les reliefs de cette dite œuvre selon une répartition établie pour les encaisseurs de droits du même nom.

Il y avait donc six « acte-heur » pressés uniquement de connaître l’après-match, moment solennel et incontournable où la tension montait un peu en donnant l’impression au menteur en scène d’avoir transhumé son troupeau en troupe de moutons prêts à aller consumer leurs rêves.

Les nez, ne s’étant pas encore approprié la couleur rouge qui empourprait les ouïes sans les noms, étaient engrappés autour des jarres faisant office de Molières sans or pour les molaires.

Simone s’ignorait totalement dans le rôle de la jeune première grisonnante quand, dans celui de boule langée, Gérard fit lippes tristes en laissant gonfler levain à la limite de la croûte. Robert, l’amoureux transgris se larmentait de n’avoir pu qu’effleurer la bobine de l’aimante religieuse sans pour autant transcender ces ambitions ésotériques. Yves, montant le ton d’un demi sans les vers était à la limite d’un déclenchement d’alzheimer. Le clopeur en charge de la clape de fin s’esclapait dans son nuage.

J’ai même eu droit à la gauche ventilation pas très adroite du souffleur, se trompant d’orifice dans son envoi d’un porc à l’ex porc.

C’est donc dans un état colmateux que j’ai tout de même réussi à m’évaporer de cette fétide culture.

Vous m’attendrez pour le café de demain matin ?

Je risque d’avoir un peu de retard 😉

Agie, 2016-09-07