Vous la préférez salée ou fumée ?

 

  • Il y a le choix chère madame !
  • On est très tendrance cher monsieur !
  • On aime beaucoup les somatrices et les somateurs chers cons !

Je me trouvais assis à l’étal d’un café parmi d’autres « gigots-lots » et « gigots-laides », dans l’attente de mon assaisonnement.

Compte tenu et tenant de mes faibles moyens, je n’avais pas trop de choix.

Disons que les circonstances, appelées également édiles-du-pouvoir, avaient décidés que ma place d’exposition ou de traitement, en ce samedi très « out » serait ici.

Cette séance à dix balles comprenait un ensoleillement correct allant du degré 21 à 32, promettant l’ajout d’une fine couche de graisse rosissante en fin de cuisson.

Afin que cette dernière soit femmogène, il était prévu que je fasse pivoter ma face giratoirement d’Est et Ouest.

Cette rotation rôtissante répondait à la suite du menu dans sa phase d’allumage, autorisant de douces émanations smoguiennes allant de la délicate blonde tamisée avec filtre à la brute gauloise dégantée où parfois se mêlaient à ces étuves, des passages cigaritains dont le manque de nuance portait davantage sur la taille de leurs supports que sur leurs âcres fragrances. Les pipes, quant à elles, étaient tolérées à l’unique condition que celles-ci se dépoufiassent sous les nappes.

Ce mouvement circulaire m’autorisait une vision de qualité sur les gigots-laides qui s’exposaient aux regards envieux ou plus jeunes, passants de la jalousie à la censure.

Ainsi, des vagues de tatouages déferlaient des contre-pieds où Victor n’était pas le Boss.

Les découvertes se situaient aux frontières des bas-seins dont le fond emportait tout aux pas-sages grisonnants sans limites d’âges, frémissants en aval et frissonnants en amont.

Décidément, nous ne sommes vraiment pas grand-chose.

L’essentiel étant de croire le contraire, je retourne à ma plume qui me paraît vraiment légère aujourd’hui.

Bonne expo à vous toutes et tous.

Agie, 2016-08-13