Morceaux de vies ???

Au premier regard, cela aurait pu être un tea-room, mais de t’es rhum à t’es café, je me situerais plutôt dans la seconde catégorie.

Il fallait descendre quelques marches sans doute beaucoup plus âpres à « ascenser » en fin de chevauchée hybride, lorsqu’entre glaçons et eau il y a plus d’un alcool anisé.

Je me laissais donc « dégravir » ces quelques strates sur la pointe des talons afin de mieux en assurer la déclinaison.

Ce bien nommé « demi-sous-troquet » s’écrivant également « demi-saoul-troquet » était latté de planches de bois ayant été tellement savatées qu’elles semblaient former un vieux carrelage lustré à grands coups de « wazing » chtimi, de « since » charentaise ou de « bâche » champenoise avec une tolérance pour la fameuse « gueille » en bordeluche.

Une fois à demi encavé en ce lieu, je découvre une petite pièce regroupant sept tables de tout acabit, auréolées de chaises bancales et même estropiée pour l’une d’entre elles.

La fenêtre donnant sur la rue s’était transformée en vasistas laissant échapper les vapeurs des clopeuses et des clopeurs.

De cette position, la vision que j’ai sur les passants m’autorise à les « défesser » sans aucun complexe, le verbe dévisager n’étant plus de circonstance dans ce cas.

Durant ma période consommatoire, j’ai pu ainsi découvrir une trentaine de troncs en mouvement sur deux jambes de toutes formes, culotés ou non, ce qui était somme toute rafraichissant pour elles et eux mais bien frustrant pour moi.

Ce carré lumineux avec ouverture sur pavés me faisait penser à ces photographes ou menteurs en scène qui découpent des vies en morceaux sur bobines sans tête mais avec queue selon le format !

Je vous invite à la faire à ma place car maintenant, il me faut remettre les pieds sur terre.

Agie, 2016-08-08